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2010/11/19


Tantôt le schizophrène s'impatiente et demande qu'on
le laisse tranquille. Tantôt il entre dans le jeu, il en rajoute
même, quitte à réintroduire ses repérages à lui dans le modèle


qu'on lui· propose et qu'il fait éclater du dedans (oui, c'est
ma mère, mais ma mère, c'est justement la Vierge).



Je ne crois à ni père
ni mère
Ja na pas
à papa-mama

(Artaud



Le corps sous la peau est une usine surchauffée,
et dehors,
le malade brille,
il luit)
de tous ses pores,
éclatés. 

)



Chantre

Et l'unique cordeau des trompettes marines

(Apollinaire




Pourtant .le
moi, c'est comme papa·maman, il y a longtemps que le schizo
n'y croit plus. Il est au·delà, il est derrière, dessous, ailleurs,
mais pas dans ces problèmes·là. Et là où il est, il y a des
problèmes, des souffrances insurmontables, des pauvretés
insupportables, mais pourquoi vouloir le rame,ner à ce d'où
il est sorti, le remettre dans ces problèmes qUI ne sont plus
les siens, bafouer sa vérité à laquelle on a cru suffisamment
rendre hommage en lui donnant un idéal coup de chapeau?
On dira que le schizo ne peut plus dire moi, et qu'il faut
lui rendre cette fonction sacrée d'énonciation. C'est ce qu'il
résume en disant : on me re·salope. « Je ne dirai plus moi,
je ne le dirai plus jamais, c'est trop bêt.e)e mettrai à la p~a:~,
chaque fois que je l'entendrai, la trolsl~e personn~: Si lY
pense. Si ça les amuse. Ça ne changera rien. » Et s il redit
moi, ça ne change rien non plus. Tellement hors de ces problèmes


L'ANTI-OEDIPE_D/G
LES MACHINES DÉSIRANTES